GR 367 Sentier cathare

Notre voyage au Royaume-Uni avec Chouchou était prévu pour fin avril, mais les récents événements tragiques au Moyen-Orient, la flambée des prix du carburant et les pénuries potentielles nous ont contraints à revoir nos plans. Merci qui ? Merci Donald 😉 !  

Dans l’immédiat, il semble donc primordial de privilégier les « semelles » aux « gommes »  !

En ce beau mois de mai, le ski de randonnée, les pistes enneigées et le ciel limpide des Alpes de Haute-Provence sont derrière nous. Il est grand temps de changer d’activité et de troquer nos  « coques plastiques » pour nos « godasses de randonnée ».

Nous avons choisi le GR 367, également connu sous le nom de sentier cathare, non seulement pour sa proximité avec Vic, mais aussi parce que ce sentier promet bien plus qu’une simple randonnée. 

Cette « épopée » de 250 km et plus de 8 000 m de dénivelé peut se faire dans les deux sens.

Nous avons choisi de commencer à Port-la-Nouvelle (Aude), sur les rives de la Méditerranée, et de terminer à Foix (Ariège), sur les contreforts des Pyrénées. On a conscience que ce sens Est/Ouest est plus exigeant car en démarrant depuis le littoral, on peut dire que « ça ne va faire que monter ». 

Nous prévoyons 12 étapes pour parcourir l’intégralité du sentier.

L’itinéraire traverse une incroyable diversité de paysages, mais ce n’est pas tout. Le sentier cathare offre une véritable plongée dans l’histoire médiévale. Notre parcours sera jalonné de nombreux châteaux, perchés sur leurs éperons rocheux, qui retracent le chemin des cathares, ces chrétiens dissidents qui s’opposaient à la toute-puissance et aux dérives de l’Église catholique.

Encore une fois, une histoire de religions qui se termine dans un bain de sang !

Au vu des kilomètres à parcourir et du dénivelé, ce GR n’est pas à « prendre à la légère » et nous savons que l’aventure peut s’arrêter à tout moment.

Pour éviter de « trop souffrir » pendant le « périple », il nous parait judicieux de faire quelques belles balades (16, 21 et 27 km) dans les quinze jours précédant le départ. Les hébergements (hôtel, camping, gîtes d’étapes et chambres d’hôtes) étant déjà réservés, il ne nous reste plus qu’à organiser le transport pour être à l’heure au bon endroit et à préparer nos sacs à dos. Nous serons alors fin prêts pour l’aventure !

 

Lundi 4 mai 2026 : Vic (Hérault) - Montgailhard (Ariège) - Narbonne (Aude) - Port la Nouvelle (Aude)

Cette première journée nous permet de rejoindre le point de départ du GR 367 : Port-la-Nouvelle.

C’est de bonne heure (09H30 🤣) et de bonne humeur 😁 mais sous une pluie battante que nous quittons Vic… direction Montgailhard, petit village situé à quelques kilomètres de Foix. Chouchou va attendre patiemment notre retour au camping La Roucateille. On préfère le savoir en sécurité pour les 12 jours à venir ! 

Les trajets s’enchaînent à la perfection : 
Vic (09H30) - Montgailhard (13H30) avec Chouchou,
Montgailhard (15H20) - Narbonne (17H30) avec Florian, notre BlaBlaCar du jour,
Narbonne (17H40) - Port la Nouvelle (18H00) en train…

Ça commence fort puisque c’est sous une pluie battante que nous arrivons à l’hôtel du port à Port-la-Nouvelle, petit établissement sympathique et propret.

 

1ère étape 

Mardi 5 mai 2026 : Port-la-Nouvelle - Durban-Corbières

Durée : 8H00 / 29 Km / Dénivelé : 835 m
L’une des plus grosses journées nous attend pour rejoindre Durban-Corbières.
On croise les doigts pour que la météo soit clémente. La pluie étant prévue vers 15H00, on opte pour un départ matinal.

 

 

 

 

 

 

 

Après une excellente nuit et un fabuleux petit déjeuner (notamment mon chocolat chaud, un vrai régal), c’est à 08H15 que nous nous élançons chargés comme de « petites mules » (10 kg et 12 kg) sur le sentier cathare. 
Le soleil fait de courtes apparitions mais le vent omniprésent rafraîchit la température.
Les kilomètres défilent…
Quelques éoliennes rompent la monotonie du paysage… 

Les kilomètres défilent…

Très rapidement les paysages se résument à des étendues d’arbres calcinés… vestiges du gigantesque incendie qui a détruit des milliers d’hectares et a « touché » 16 communes dans le massif des Corbières durant l’été 2025. Pour des raisons de sécurité, un arrêté préfectoral interdit l’accès de la zone sinistrée aux randonneurs et ce jusqu’à nouvel ordre ! Franchement on ne va pas faire des kilomètres supplémentaires pour éviter cette portion d’itinéraire ! 35 ans à tout respecter… Alors on décide de se faire un petit plaisir…  Rebelles que nous sommes 🤣 ! 

Pas d’autre choix que de casser une petite croûte sur les rochers qui émergent du « chaos » ! 
Les kilomètres défilent…
Le GR est particulièrement bien balisé ce qui simplifie notre progression…

Les kilomètres défilent encore et toujours jusqu’à l’arrivée de l’orage… La prudence reste de mise d’autant que le terrain est de plus en plus glissant !
2-0… J’ai un léger avantage avec 2 belles chutes… 😏
Fort heureusement, nous sommes proches de Durban-Corbières…

 

 

 

 

 

 

Arrivée au gîte Occitania à 16H15.

Chambre simple et propre… Repas copieux et savoureux…

 

2ème étape 
Mercredi 6 mai 2026 : Durban-Corbières  - Tuchan
Durée : 08H10 / 29 Km / Dénivelé : 1 115 m
Il semble avoir plu toute la nuit mais la fatigue aidant, nous n’avons rien entendu. 
La randonnée du jour ne nous promet que du bonheur puisque le soleil est au RDV. 
Aujourd’hui, terminé les arbres calcinés, place aux vignobles verdoyants… 

 

 

 

 

Notre sentier grimpe, grimpe grimpe et s’enfonce dans une forêt de chênes verts… La montée est rude. 4 km d’effort pour atteindre le sommet ! 376 m d’altitude et c’est enfin la rencontre avec la vierge de la Recaoufa posée sur sa tourelle. 

 

 

 

 

 

La vue panoramique sur les Corbières est grandiose... D’un côté, la Méditerranée et de l’autre, le Canigou et tout autour de nous, le calme !

Les voilà enfin, les châteaux tant attendus (Durban-Corbiéres et Alguilar)… Le spectacle efface quelque peu le poids des sacs à dos et les douleurs musculaires… qui commencent à poindre !

Le terrain est si « accidenté », il faut dire que « ça monte » et « ça descend », que l’on envisage même de continuer en tracteur 🤣 ! 

La rando met une nouvelle fois nos gambettes à rude épreuve… Aussi, nous avons vraiment hâte d’arriver à la maison de Gaia à Tuchan…

3ème étape
Jeudi 7 mai 2026 : Tuchan - Dhuilac-sous-Peyrepertuse
Durée : 08H00 / 24 Km / Dénivelé : 970 m
Le petit-déjeuner qui nous est servi est juste pantagruélique. On devrait pouvoir tenir les premiers kilomètres…

 

 

 

 

 

La rando du jour débute sous un soleil éclatant. Le Dieu de la météo semble avoir écouté nos prières et se montre clément avec nous… Mais jusqu’à quand ?

Aujourd’hui est un jour très spécial puisque c’est mon anniversaire  🎉🥳🎂🎊🎁🎈
Pour l’année de naissance … un indice : 
Sur la photo 1 : elles ont le même âge…
Sur la photo 2 : elles ont le même âge… aussi 🥴 !  🤣🤣🤣🤣…

Les kilomètres défilent dans un décor verdoyant… Très rapidement, notre chemin s’engage dans les gorges du Verdouble au grau de Padern.

Les vignobles nous accompagnent pendant les premiers kilomètres… et en toile de fond, la chaîne des Pyrénées enneigée…

Après avoir traversé le village de Padern, une belle montée nous conduit jusqu’au château de Queribus…

Nos efforts sont une nouvelle fois récompensés par le spectacle de l’élégante et imposante silhouette de la forteresse qui émerge à plus de 700 m d’altitude. 
D’après les dires de Benjamin, notre hôte de la maison Gaia, deux châteaux méritent vraiment la visite. Celui de Queribus qui est devant nous et celui de Peyrepertuse que nous verrons demain… 
Nous n’en visiterons qu’un, celui de Peyrepertuse ! 

La vue est étourdissante. On aperçoit dans la vallée le minuscule village de Cucugnan…
Une descente quelque peu technique et cassante pour les articulations nous fait plonger vers ce mignon petit village, celui qui figure dans les « Lettres de mon moulin » d’Alphonse Daudet. Nous pensions que Cucugnan se trouvait en Provence… Et ben non… Il s’avère qu’il est idéalement situé au cœur du pays cathare…
Mais aujourd’hui, faute de voir son fameux curé, nous pouvons admirer son moulin. 

« L’histoire raconte que l’abbé Martin, curé de Cucugnan, se désespère : la piété de ses paroissiens est au point mort. Un dimanche, il monte en chaire et raconte un rêve extraordinaire.

Dans ce songe, il meurt et se présente aux portes du Paradis. Il demande à Saint Pierre :

« Combien y a-t-il de Cucugnanais ici ? »

Réponse glaciale : « Zéro ».

Inquiet, il descend au Purgatoire. Même question, même réponse : Personne.

Pris d'une angoisse terrible, il finit par frapper à la porte de l'Enfer. Là, le diable ouvre un grand registre et s'esclaffe : ils sont tous là ! Le curé voit ses paroissiens griller comme des sardines. À son réveil, il somme les villageois de se confesser immédiatement s'ils ne veulent pas finir en grillade éternelle. Résultat : le lundi suivant, tout le village faisait la queue devant le confessionnal ».

4 kilomètres nous séparent de Duilhac-sous-Peyrepertuse. C’est la chambre d’hôte « Les Lavandes » qui nous accueille pour la nuit. 

 

4ème étape
Jeudi 8 mai 2026 : Dhuilac-sous-Peyrepertuse - Cubieres-sur-Cinoble
Durée : 07H20 / 18 Km / Dénivelé : 1170 m
Aujourd’hui était sensé être une journée plutôt cool puisqu’initialement nos topos prévoyaient 13,5 km et 700 m de dénivelé…
Nous attendions donc cette 4ème étape avec une joie non dissimulée. Que nenni ! D’un commun accord, nous décidons d’aller visiter la forteresse de Peyrepertuse… qui se trouve sur notre chemin… Enfin presque 😰 ! 
Chaque pas nous rapproche de cette fantastique construction qui se confond avec la falaise ! Perchée à 800 m d’altitude, sa structure, qui se déploie sur 300 mètres, épouse si parfaitement la roche calcaire qu’il est difficile de distinguer la main de l’homme de la roche brute…
On comprend aisément pourquoi ces forteresses édifiées au sommet de pitons rocheux sont réputées comme étant « imprenables ». 

Après nous être acquittés des droits d’entrée, nous arrivons aux portes de ce géant de pierre.

La vue panoramique est impressionnante ! Notre regard embrasse les Pyrénées, la mer Méditerranée et le château de Queribus. 

Mais la journée ne fait que commencer et il nous faut quitter la forteresse pour nous rapprocher de notre halte de ce soir… 
Les « alpages » font place à des forêts humides…

 

 

 

Une intersection, point départ d’une montée de folie… dans les roches calcaires… qui nous emmène tout là haut au sommet de cette montagne ! On ne s’y attendait pas… mais nous n’avons pas d’autre choix que de grimper, grimper, grimper… encore et toujours...

La descente, moins traumatisante, se fait sur un sentier qui sent bon le thym, le romarin et la farigoulette…

Cubieres-sur-Cinoble, petit village pas très glamour comptant quelques 70 âmes, nous accueille pour la nuit. 
Ce soir, on comptabilise pile poil 100 kilomètres !  Il nous en reste + ou - 150… Allez on y croit 😉 ! Une réservation a été faite à la Taverne, établissement comment dire… «  dans son jus » et pour le moins « babacoulos ». C’est assez surprenant au début… mais on s’y habitue 😉 ! La chambre est « moins encombrée » 🤣 et toute proprette… 

 

5ème étape
Samedi 9 mai 2026 : Cubieres-sur-Cinoble - Bugarach
Durée : 5H50 / 17,5 Km / Dénivelé : 850
m
Après un super dodo et un petit-déjeuner pris dans une salle emménagée façon « débarras (des)organisé » 🥴,  nous voilà fin prêts pour une petite journée de marche sous un ciel nuageux et des températures fraîches ! 
Ce sera parfait ! 
Une halte s’impose à la micro épicerie du micro village Camps-sur-l’Agly, située sur notre itinéraire… 

Les kilomètres défilent, c’est d’ailleurs le principe d’une randonnée de plusieurs jours… 

Nous voilà arrivés à destination… 

On se souvient…

«  Le 21 décembre 2012, le petit village de Bugarach (11) était sous les projecteurs. La commune avait été annoncée comme étant le seul endroit permettant d'échapper à l'apocalypse, se fondant sur une interprétation du calendrier maya. Seule une poignée d’êtres humains devait alors être sauvée par des extraterrestres, sur le pic de Bugarach qui culmine à 1 230 mètres d’altitude. Plus de 300 journalistes avaient alors fait le déplacement dans ce village où un périmètre de sécurité avait été installé par les forces de l'ordre. 

L'apocalypse n'est bien entendu jamais arrivée ». 

Aujourd’hui, le village est toujours « dominé » par le pic ou pech de Bugarach. L’ascension est bien sûr possible et se doit d’être faite par temps clair… On remet cet exercice à une prochaine fois car le ciel est menaçant et une longue route nous attend jusqu’à Foix !

Les ruelles sont vraiment tristounettes et ne présentent aucun charme particulier.

UL’hébergement réservé pour cette nuit est une fois de plus pour le moins surprenant… Un vrai chantier ! L’intérieur du « gîte » est propre et la décoration pour le moins « surannée »… Mais on doit s’adapter à toutes les situations… 

Nous attendons patiemment l’heure du repas, avachis sur notre lit. Ce soir, pas de demi-pension ! Il nous faut rejoindre le seul resto du « bled » : Les saveurs du terroir. 
Un énormes cassoulet fumant va nous garder au chaud toute la nuit… 💨🧨…
Et c’est sous une fine pluie que nous regagnons nos « pénates » ! 

 

6ème étape
Dimanche 10 mai 2026 : Bugarach - Quillan
Durée : 07H00 / 24,5 Km / Dénivelé : 760
m
Départ matinal à 8 heures en raison des prévisions météo qui ne sont pas très optimistes pour la fin d’après-midi dans la région… En effet, des orages sont prévus vers 16 / 17 heures…
Très vite, on aperçoit l’imposant Pech de Bugarach qui domine le village… Il va nous « suivre » pendant de nombreux kilomètres… puis va disparaître petit à petit pour laisser place à des montagnes qu’il nous faudra contourner ou franchir…

Les kilomètres défilent sous un soleil éclatant et une température des plus agréables… Les villages ruraux traversés nous permettent de nous ravitailler en eau potable.

 

 

 

 

Faute d’endroit adéquat pour casser une petite croûte, c’est sur un parapet en bordure de route, pas très passante fort heureusement, que nous dégustons nos œufs durs et notre rillette de thon ! Un vrai régal ! Éric en profite pour faire sécher sa serviette et son slip 🥴 ! 

 

 

 

 

23 kilomètres, 7 heures que nous crapahutons, nous apercevons Quillan au fond de la vallée. Encore un petit effort pour terminer cette 6ème étape qui marque la mi-parcours du GR 367 !

À 15H00, nous franchissons la porte de notre jolie chambre avec son lit à baldaquin ! 

 

 

 

 

Un petit café de bienvenue bien mérité nous attend dans la cuisine au charme « désuet ».

Ce soir pas de demi-pension.

C’est donc dans une pizzeria que nous terminons la soirée. Un violent orage de grêle éclate… Fort heureusement nous sommes à l’abri ! 

 

 

7ème étape
Lundi 11 mai 2026 : Quillan - Puivert
Durée : 07H00 / 24,5 Km / Dénivelé : 870 m

La journée commence sous les meilleurs hospices : un petit déjeuner de folie avec tout ce qu’il faut pour crapahuter dans la montagne, un beau ciel bleu et une température légèrement frisquette !
Allez on y go !

 

 

Cette étape se déroule tantôt dans une ambiance de montagne avec de vastes hêtraies et sapinières qui ressemblent parfois à des forêts humides, tantôt sur des chemins ruraux et verdoyants bordés de cerisiers 😋😋.

Il aura fallu attendre la 7ème étape pour voir de minuscules aires de pique-nique ombragées dotées d’eau potable mises à la disposition des randonneurs ! Merci aux municipalités pour ces haltes rafraîchissantes ! 

 

 

 

 

 

 

Déjà 20 kilomètres… Le château de Puivert nous indique que nous arrivons au village. 

Waouh, la chambre d’hôte « Au petit verger » est une superbe bâtisse tenue par Martyn un ressortissant anglais fort sympathique… Et que dire des chambres qui sont pour le moins ravissantes et cocooning à souhait ! 

 

 

 

 

Notre repas étant prévu à 19H30, c’est au « BDQ Taproom & Kitchen », un vrai pub anglais à la déco particulièrement soignée, que nous prenons un petit apéro… 🥴

Un violent orage s’abat sur le village… comme quasiment toutes les fins de journée !

 

 

 

8ème étape

Mardi 12 mai 2026 : Puivert - Roquefeuil
Durée : 06H00 / 20 Km / Dénivelé : 720 m
On se réveille sous un ciel nuageux qui nous fait redouter le pire après les pluies d’hier soir ! 
Heureusement le fabuleux petit dej préparé par Martyn nous met du baume au cœur pour affronter cette nouvelle journée de marche.

 

 

 

 

On laisse derrière nous le château et les terres agricoles pour nous enfoncer dans une forêt humide laquelle nous accompagne pendant la majeure partie de l’itinéraire. Le chemin gorgé d’eau est boueux et glissant et une vigilance de tous les instants et de mise…

 

 

 

 

 

 

Même dans nos rêves les plus fous nous n’aurions imaginé trouver une aire de pique-nique aussi accueillante en bordure du GR 367… 

Les gros nuages noirs s’accumulent au-dessus de nos têtes… Encore un petit effort… Les gouttes de pluie commencent à se faire sentir et c’est au « pas de course »  que nous rejoignons le petit camping familial  « La mare aux fées » dans le village de Roquefeuil… 

On s’installe confortablement dans le chalet que nous avons pris soin de réserver. Il fait un froid de canard et nous sommes un tantinet pessimistes quand à la météo des prochains jours 🤞d’autant que demain, notre itinéraire grimpe jusqu’à 1 350 m d’altitude ! 

 

9ème étape
Mercredi 13 mai 2026 : Roquefeuil - Comus
Durée : 06H00 / 21 Km / Dénivelé : 820
m
Tous les matins, on se dit que l’étape du jour va être beaucoup plus courte que la précédente… et tous les soirs, on se rend compte qu’elle a été aussi longue voire davantage… Aujourd’hui ne déroge pas à la règle… La seule différence est que le froid est mordant et le vent glacial… 
C’est la première fois en neuf jours que pantalons et gants font partie de notre panoplie de « parfait petit randonneur » ! 
On voit la végétation changer au fil des étapes mais aujourd’hui c’est flagrant. Le thym, le romarin et la farigoulette laissent place aux pâturage et aux fleurs « d’altitude ».
En traversant le plateau de Sault dont l’altitude varie entre 1 000 et 1 300m d’altitude, on apprécie les immenses étendues verdoyantes dans lesquelles paissent les troupeaux. Mais qui dit troupeaux dit immanquablement patous… On les repère de loin : deux boules de poils blancs au milieu des moutons… On essaie de se convaincre que ce sont de grosses peluches vivantes… Mais voilà, notre sentier traverse l’alpage et nous n’avons guère le choix ! Petit moment de crainte… On se doit de respecter les consignes : ne pas les regarder dans les yeux, ne pas agiter nos bâtons de marche, continuer tranquillement notre progression… Ils sont tout proche mais ne nous calculent pas…  estimant que nous ne représentons aucun danger pour leurs protégés… 

La nature est belle au mois de mai, notamment en montagne… Les fleurs qui bordent notre chemin sont vraiment une invitation à la contemplation… On en oublie les dénivelés et les kilomètres parcourus ou à parcourir… 

 

 

 

 

En arrivant à Comus, village étape de ce soir, notre sentier serpente entre les champs de bouton d’or. Parfois la nature n’a pas besoin de parois vertigineuses ou de cascades grandioses pour nous combler ! 

 

 

 

 

 

 

Nous voilà arrivés à destination.

Le village est bien gardé 😲 ! 

Déjà six heures que nous marchons. Place à un peu de repos bien mérité au gîte du presbytère  situé à 1 200 m d’altitude.

 

 

 

10ème étape
Jeudi 14 mai 2026 : Comus - Montsegur
Durée : 04H50 / 15,3 Km / Dénivelé : 550 m
Bien que l’étape du jour soit relativement courte, on ne se laisse pas abattre… Il faut faire honneur au petit-déjeuner qui nous est présenté !

 

 

 

 

Très rapidement, le sentier s’engouffre dans les gorges de Frau. A mesure que l’on descend dans la fraîcheur du canyon, le « rugissement » du torrent se précise. Contrairement à ce que l’on pourrait penser et bien que la lumière ne pénètre que quelques heures par jour dans cet univers vertical bordé de falaises abruptes, une végétation luxuriante a pris racine… Un micro-climat a fait se développer mousses épaisses et spongieuses, fougères, lianes… 

 

 

 

Sitôt sortis de cette « forêt tropicale » et avant d’entreprendre une montée interminable vers Montsegur, une petite halte « picole » est fort appréciée… La pluie fait son apparition. On devine un sentier détrempé d’autant que les randonneurs croisés nous ont averti de l’état du chemin….  

Très rapidement, le terrain devient on ne peut plus boueux. Notre équilibre vacille à chaque pas avec nos 2 kg de terre sous chaque semelle. C’est à ce moment-là que la rando s’arrête et que la chorégraphie improvisée commence. Les glissades et positions pour le moins scabreuses nous arrachent quelques fous-rires. Les chaussures « rutilantes » ce matin ne sont pas restées propres longtemps et on est maintenant crotté jusqu’aux chevilles… 

Après cette grimpette « infernale », le château de Montsegur nous apparaît trônant fièrement sur son piton rocheux et en contrebas, le village éponyme.

Blotti à plus de 800 m d’altitude c’est ici à Montsegur que nous faisons notre halte pour la nuit.  Pour rejoindre « La maison sous le château », nous découvrons les ruelles étroites bordées de maisons en pierres, la place de l’église… 

Place au repos maintenant après cette journée « riche en émotions ».

 

11ème étape
Vendredi 15 mai 2026 : Montsegur - Roquefixade
Durée : 06H00 / 18 Km / Dénivelé : 700 m
Le temps est maussade, il pleut par intermittence, les kilomètres défilent et, « la tête sur le guidon », nous avançons lentement. Seules les traversées de quelques villages éloignés nous ramènent à la «  civilisation ».

 

 

 

 

 

Je m’aperçois, à cet instant précis, qu’Éric dégage un érotisme torride auquel aucune femme ne saurait résister ! 🤣🤣🤣

Quel plaisir de découvrir chaque fin d’après-midi le gîte qui va nous amener un peu de chaleur et de repos. Ce soir, il s’agit d’un bâtiment qui abritait l’école du village jusqu’en 1990… Notre chambre, quant-à-elle, se trouve à quelques dizaines de mètres de là dans une « annexe ». 

 

 

12ème étape
Samedi 16 mai 2026 : Roquefixade - Montgailhard
Durée : 05H00 / 16,3 Km / Dénivelé : 750 m

C’est parti pour la der de der… 
Pour changer des jours précédents, le ciel nous gratifie une nouvelle fois d’un temps de M…… D’ailleurs, ce matin il fait 3 degrés ! Nous qui avions programmé ce trek en mai pour ne pas souffrir de la chaleur !

 Le sentier en balcon auquel on accède après une belle grimpette nous fait quelque peu oublier la fraîcheur ambiante. 

On se rassure quelques peu en se disant qu’au vu de la végétation qui nous entoure, les périodes de chaleur doivent être rares dans la région. 

Voilà déjà quelques heures que l’on crapahute lorsqu’au détour du sentier, un flash rouge attire notre œil.  Un cerisier nous tend ses fruits juste au-dessus du chemin… La tentation est trop grande ! Ce genre de « rencontre » nous rappelle pourquoi nous aimons tant la rando. C’est dans ces moment-là que l’on oublie le chrono, que l’on oublie l’itinéraire et que l’on profite tout simplement de ce que nous offre la nature !  

Dernière montée interminable…

Dernière descente boueuse et glissante…

Dernière barrière qui s’ouvre et… se referme…

Nous voilà au point 0, là où tout a commencé 12 jours auparavant…

257 kilomètres et 10 110 m (positif) « au compteur » !

Le moment est maintenant arriver de poser notre sac à dos, de prendre une grande inspiration et de réaliser le chemin parcouru…
Notre trek est donc fini mais à peine nos pieds désengagés de nos chaussures de marche, nos yeux parcourent déjà la carte à la recherche de nouvelles courbes de niveau…